FONCTIONNEMENT ÉROTIQUE ET DÉVIANCE SEXUELLE: THÉORIE ET DÉFIS CLINIQUES

Pour les psychothérapeutes travaillant auprès d’une clientèle ayant commis des délits sexuels

 

Donnée par Katia Fournier, M.A.

 

Formation de 2 jours accréditée par l’OPQ

En ligne, en direct

 

26 et 27 mars 2021

 

RÉSUMÉ

Les psychothérapeutes offrant des services thérapeutiques à une clientèle ayant commis un ou des délits à caractère sexuel poursuivent toujours le même but, soit la prévention de la récidive. Le travail sur les facteurs précipitants (expériences internes et externes ayant précédé les délits) et prédisposants (les éléments de l’histoire développementale) favorise progressivement la réduction des risques de récidive. De façon plus pointue, le travail thérapeutique sur ces facteurs inclut la clarification de la dynamique érotique et ses significations, les facteurs psychodynamiques (liens entre les pulsions, les affects et les comportements; les fonctions défensives de la sexualité; les types de relation d’objet), et l’analyse des fantasmes. Ce travail herméneutique (Delisle, 2001; Hamel, 2012) sur les significations profondes (et souvent inconscientes) d’un délit sexuel demande certes des connaissances théoriques sur le fonctionnement érotique et la déviance sexuelle, mais aussi des habiletés cliniques spécifiques.

Comme toute psychothérapie, le travail clinique après des délinquants sexuels est fertile lorsque nous avons un client collaboratif présentant des aptitudes à l’introspection et à l’établissement d’une alliance de travail. Même dans des thérapies non volontaires, ces conditions sont réunies avec bon nombre de clients. Cependant, le travail sur la dynamique érotique et les fantasmes pose un défi plus grand dans certaines situations : par ex. troubles de la personnalité, dysfonctionnement de la mentalisation (Bateman et Fonagy, 2015), transferts délinquants ou transgressifs.

 

BESOINS

Cette formation s’adressera à deux niveaux de besoins. Dans un premier temps, elle répondra à ces questions : Comment faire un usage thérapeutique du matériel clinique provenant des scénarios sexuels délinquants agis et fantasmés? Comment favoriser l’ouverture des clients à aborder ce matériel en thérapie et comment développer son aisance à le faire en tant que psychothérapeute?

Dans un deuxième temps, elle répondra à celles-ci : quelles stratégies thérapeutiques mettre en place pour travailler sur la dynamique érotique dans des situations où l’alliance thérapeutique est mise à mal? Comment relier les éléments manifestés dans la relation thérapeutique (transfert et contre-transfert) aux délits et aux facteurs de risque?

 

OBJECTIFS

Au terme de cette journée de formation, les participants seront en mesure de :

  1. Mieux comprendre le fonctionnement et la dynamique érotiques
  2. Utiliser des outils pour clarifier les agirs et les fantasmes délinquants
  3. Améliorer leurs habiletés (savoir-faire et savoir-être) pour dégager les significations d’un agir ou d’un fantasme délinquant
  4. Peaufiner leurs stratégies d’intervention lors d’impasses thérapeutiques

CONTENU

JOUR 1

  • Fonctionnement érotique
    1. Développement, nature et fonctions de l’érotisme
    2. Mécanismes et activateurs érotiques
    3. Liens entre érotisme, genralité et rapport à l’autre
  • Les fantasmes et les agirs délinquants
    1. Les fonctions du fantasme et de l’agir délinquant
    2. Utilité d’une vision élargie de l’imaginaire
    3. L’agir comme inaptitude à la fantasmatisation ou la symbolisation
  • Travail thérapeutique
    1. Éléments du cadre thérapeutique favorisant le travail sur le fonctionnement érotique
    2. Clarification de l’agir et du fantasme, du fonctionnement érotique et leurs fonctions
    3. Les pièges à éviter

JOUR 2

Suite à l’étude des concepts des auteurs ci-après, nous partirons d’exemples clinique pour dégager des pistes d’intervention lors d’impasses thérapeutiques

  1. Personnalité normale et personnalité pathologique (Kernberg)
  2. Aptitude à la mentalisation (Bateman et Fonagy) et liens avec la régulation affective et le dialogue herméneutique (Hamel)
  3. Repérage des affinités thématiques et travail interchamps (Delisle et Girard)
  4. Alliance thérapeutique et ruptures d’alliance (Drouin, Greenson)

 

 

DÉSIR SEXUEL : COMMENT LE PENSER EN CLINIQUE?

Différentes conceptions pour élargir l’éventail des possibilités thérapeutiques

 

Formation en ligne, en direct, accréditée par l’OPQ

Donnée par Katia Fournier et organisée par l’Association des sexologues du Québec

Samedi 6 novembre 2020

 

RÉSUMÉ

Les demandes de consultation en sexologie touchent de près ou de loin le désir sexuel : mésentente sexuelle dans un couple quant à la manière de faire l’amour ou à la fréquence des relations sexuelles; frustration sexuelle; inhibition du désir ou aversion envers la sexualité; conflit entre les désirs et les anxiétés sexuelles; sentiment d’être sous l’emprise de ses pulsions sexuelles; mode d’érotisation rigide ou restreint; questionnements existentiels au sujet du sens de la sexualité et du désir pour soi, etc.

Le thérapeute en sexologique est familier avec ce type de demandes, comme il l’est avec la complexité du désir sexuel et du travail dans la sphère de la sexualité. Traditionnellement, la sexologie proposait des compréhensions et des traitements visant le rétablissement des niveaux de désirs (lorsqu’on juge qu’il y en a trop ou pas assez) ou la redirection du désir (lorsque son objet est jugé inadéquat ou trop restreint). Ces visées sont encore d’actualité mais ont été complémentées au fil des ans par des approches, dont la sexoanalyse (Crépault, 1997), portant davantage leur attention sur les significations du désir et de ses manifestations. D’autres approches encore donnent une place au questionnement sur le désir lui-même et sur l’importance de la sexualité et invitent à repenser les visions de la sexualité sous-jacentes aux objectifs thérapeutiques (Kleinplatz, 2012). Enfin, des philosophies extérieures à la sexologie offrent aussi des conceptions du désir qui méritent d’être considérées. Nous pensons ici à la philosophie bouddhiste qui conçoit le désir ou l’avidité comme source de la souffrance et dont les applications en psychothérapie font l’objet de réflexions dans ce domaine (Fulton et Siegel, 2013).

Toutes ces conceptions et approches comportent des éléments dignes d’intérêt pour l’accompagnement thérapeutique. Ainsi il ne s’agit pas d’hiérarchiser les paradigmes mais d’en étudier l’éventail afin d’avoir plus d’outils à sa disposition en tant que thérapeute, tant dans la compréhension que dans le traitement.

 

BESOINS

Avec quelle conception du désir sexuel le thérapeute peut-il travailler et selon quels critères? Dans la sexologie aujourd’hui, quel est l’éventail des possibilités thérapeutiques pour travailler avec la complexité propre au désir et à la sexualité? Comment tirer profit à la fois des approches traditionnelles, des regards critiques et de la philosophie bouddhiste? C’est à ces besoins que la formation proposera des réponses.

 

OBJECTIFS

Au terme de cette journée de formation, les participants seront en mesure de :

  1. Connaître les différentes conceptions du désir sexuel
  2. Élargir leur éventail de possibilités thérapeutiques pour accompagner les individus et les couples
  3. Améliorer leur jugement clinique pour choisir l’intervention appropriée à une situation clinique donnée
  4. Augmenter leur sentiment de compétence pour comprendre et traiter les cas complexes

CONTENU

Les éléments de contenu seront présentés puis discutés en lien avec leurs implications pour le traitement

  • Conceptions du désir sexuel
    1. Conception mécaniciste rattachée à la notion des niveaux de désirs et leur rétablissement
    2. Conception psychodynamique rattachée au fonctionnement érotique
    3. Conception bouddhiste rattachée à l’idée du désir comme source de toute souffrance
    4. Perspectives critiques
  • Nature de la quête dans le désir sexuel
    1. Anamnèse visant à préciser ce qui est désiré via l’élan sexuel (par exemple se sentir unique, connecté, désiré; recherche de jouissance, de baisse de tension psychique ou physique; désir de posséder, contrôler, démontrer de l’amour, etc.)
    2. Le désir comme élan vers l’autre; le désir comme besoin de l’autre
  • Objets du désir sexuel
    1. Caractéristiques de l’objet (réel et imaginaire) investi par le désir sexuel
    2. Degré de différenciation d’avec l’objet (par exemple l’Autre comme sujet, l’autre comme instrument)
    3. Construction historique et signifiante de l’objet du désir (nous partirons des enseignements de la psychanalyse et la sexoanalyse au sujet des imagos parentales et des expériences affectives et sensorielles signifiantes qui s’amalgament pour former les figures internes qui deviennent objet de nos désirs et de nos fantasmes)
  • Éventail des possibilités d’interventions thérapeutiques selon différentes conceptions du désir et du traitement (à partir de vignettes cliniques de la formatrice et des participants)